Fantôme aux mains vides


Texte : Julie Crenn Jean-Baptiste Janisset « éveille les spectres du passé » en collectant les survivances sculptées de l’Histoire française. Il recherche dans les rues, les musées, les églises, les cimetières, des éléments sculptés qui se rapportent directement ou indirectement à la spiritualité et à la Colonisation. Il observe un patrimoine pétri de violence en France, mais aussi dans les pays anciennement colonisés en prélevant directement sur le motif. Avec ou sans autorisation, il moule des fragments des sculptures qu’il découvre. Avec du plomb, du bronze, du plâtre ou un alliage de cuivre, de zinc et d’étain, il récolte les empreintes d’une histoire dont le récit non digéré reste difficile à transmettre et à représenter. Les œuvres, des moulages à plat conçus comme des collages, attestent d’une spontanéité, d’une violence et d’une énergie. Dans une perspective animiste, Jean-Baptiste Janisset parle volontiers de l’aura des sculptures dont il souhaite réveiller et révéler la présence, la vie intérieure et les enjeux critiques. À La Graineterie, l’artiste réactive une œuvre réalisée en 2017 à Afiac. Invité à penser une œuvre chez l’habitant, il s’empare de l’espace extérieur de la maison et plus spécifiquement d’une structure en bois conçue pour accueillir une balançoire. Envisagée comme l’ossature d’une architecture ou d’un monument en devenir, la structure supporte différents moulages. Réalisées dans plusieurs contextes culturels (Corse, Algérie,Bénin, Gabon), les œuvres en métal ou en plâtre attestent d’histoires locales liées aux pratiques religieuses, aux mythologies ou encore aux grandes et aux petites figures de l’Histoire. Des histoires dont la portée symbolique, politique, historique ou critique s’entremêle au sein d’une réflexion plastique nourrie de voyages, de rencontres animées par des problématiques mémorielles et interculturelles.




18e édition Afiac Afiac *résidence chez l'habitant*